ON A TESTE POUR VOUS... UNE MANIF ANTI-SARKOZY...
Ce soir, 22h, à Rouen,
nous rejoignons le cortège anti-sarkozy qui s'est formé une heure avant à l'hotel de ville. Nous marchons pacifiquement. Rien n'est cassé, aucun dégât.
Nous arrivons en bas de la rue Jeanne d'Arc qd les CRS nous font barrage. Là, nous changeons de chemin vers la cathédrale, où des slogans fusent, sans aucune violence physique.
Les CRS chargent pour nous disperser, car comme tout le monde sait, les manifestations pacifiques sont prohibées en France. Là, nous assistons à un matraquage en règles: un jeune homme est tranquillement posé devant etam qd il se fait rouer de coups. Révoltés, nous hurlons sans pouvoir agir. Les CRS foncent sur nous, nous sommes obligés de quitter les lieux.
Nous réussissons à regagner le haut de la rue de la république (nous n'étions plus qu'une petite trentaine), qd une quinzaine de CRS recommence à charger, envoyant lacrymo et coups de matraques.
Une jeune fille est immobilisée par les jets de bombes lacrymo et son copain se prend un coup de matraque, alors qu'ils ne faisaient que passer, comme nous tous d'ailleurs : je le répète, vraiment aucune violence physique, si ce n'est des oeufs, du moins dans le groupe où nous étions.
Voyant qu'elle pleure et qu'ils peinent à avancer, nous allons vers eux et nous intallons (tous les 4) à l'arrêt de bus. Là, 10 CRS viennent en courant vers nous (10 ac casques, gilets, matraques, bombes lacrymo contre 4 jeunes désarmés) pour nous dégager, l'un d'entre eux criant à ses collègues "là, on charge, allez dégagez! DEGAGEZ!"
Nous tentons de leur expliquer que la fille ne peut plus avancer avant d'avoir repris ses esprits. Ils nous poussent sur le côté, violemment.
Nous restons donc là un moment, puis l'un de nous 2, Alep, commence à filmer une altercation : un homme s'avance vers les CRS en leur disant "ya plus de liberté, on n'a mm pas le droit de manifester..."
Les CRS, très énervés, restent sur leur garde, comme si 1 homme pouvait faire le poids contre eux.
L'un des CRS voit Alep filmer. Furax, il s'approche de lui, essayant de lui arracher le portable, lui disant "va falloir se calmer".
Alep refuse de lui céder le téléphone en répondant"je suis calme, c'est vous qui êtes énervé". Le CRS l'empoigne par le col et le menace avec sa matraque. Nous réussissons à fuir, je ne sais trop comment, mais nous voyons nos 2 acolytes se reprendre de la lacrymo et des coups de matraque par d'autres CRS, tout simplement parce qu'ils ont eu le malheur de se trouver là, à assister à la scène...
Nous fuyons donc vers la place du lieutenant aubert.
Qd nous arrivons sur les lieux, une femme est à terre : elle était présente qd les policiers ont chargé. En voulant fuir, elle a trébuché et s'est luxée l'épaule.
Nous sommes 15 ou 20 personnes sur les lieux, dont certains qui insultent les CRS. Ils recommencent à charger.
Un homme jette alors une bouteille en verre. Un CRS le plaque à terre, puis 2, puis 3 jusqu'à 5 sur l'homme, matraque à la main, alors qu'il est bloqué à terre et ne peut plus bouger.
Un jeune homme prend des photos de la scène quand les CRS se jettent sur lui, l'obligeant à effacer les rares photos qu'il à réussi à prendre.
Heureusement, des journalistes sont sur place. Espérons que tout cela ne sera pas interprété n'importe comment, c'est-à-dire en faveur des CRS, comme c'est bien trop souvent le cas.
Quelques minutes plus tard, alors que les pompiers sont sur place pour la femme blessée, certains insultent les CRS qui recommencent à charger pour disperser les quelques personnes présentes.
Un jeune homme a le malheur de se prendre un coup de matraque car il est sur le chemin. Il se retourne pour dire au CRS d'arreter. Là, plusieurs CRS se jettent sur lui, le poussent, le claquent contre le camion de pompiers. L'homme est impuissant, il se fait tabasser pour avoir été, encore une fois, présent au mauvais moment.
Par la suite, toujours au mm endroit, 2 jeunes qui tentent de fuir (car les CRS ont encore chargé) se prennent de la lacrymo droit dans la figure, puis sont plaqués au sol. Alors qu'ils sont maitrisés, d'autres CRS arrivent en renfort. Ils se retrouvent encore une fois, à 4 ou 5 sur 2 garçons déjà maitrisés!
Enfin, après avoir vu tant de passages à tabac, après avoir vu une jeune femme en larmes, dégoutée par le manque de respect, de professionnalisme, par l'abus de pouvoir des CRS, après avoir entendu une femme dire "j'ai honte d'être française!", et après un dernier assaut des CRS, nous fuyons pour rentrer. Sur le chemin, nous recroiserons 6 ou 7 CRS et un homme menotté.
Voilà le (long) récit de deux rouennais partis, à la base, pour manifester pacifiquement. Le récit de 2 personnes dégoutées par le manque de civisme, par le non respect permanent de la part des forces du DES-ordre.
Avant ce soir, je pensais que si les CRS chargeaient lors des manifs, si des dégâts étaient provoqués, c'était mérité, tout simplement parce qu'une poignée de provocateurs se fondait dans la masse et cassait des vitrines.
Ce soir, j'ai vu de mes propres yeux que la France, un pays soit-disant démocratique, soit-disant fier de sa liberté de parole, de sa liberté de manifester PACIFIQUEMENT son mécontentement, n'est plus en mesure de donner des leçons.
L'abus de pouvoir a été permanent.
Nos droits ont été bafoués.
On a essayé de nous empêcher de nous exprimer.
Si telle est la France de Sarko, alors je ne veux plus être française.