Petit jeu de questions - réponses, ouvert à tous
" Que veut-elle faire au fond? "
Effacer les disparités entre les communautés françaises.
" Encore s'agit-il de savoir de quoi prétend-elle nous libérer par rapport à cette religion qu'elle prend de plus en plus ouvertement en grippe? "
Dans notre histoire, la religion a été bien plus contestée qu'aujourd'hui, notamment sous Napoléon, et même lors des croisades...alors non, la France ne prend pas la religion "de plus en plus"en grippe!
La question serait plutôt de savoir pourquoi la France est redevenue tolérante vis-à-vis de la religion?
" Qu'a-t-elle contre la religion, ses valeurs de paix, d'union et de sagesse? "
Peut-être ses valeurs discriminatoires, contraignantes, dénuées de science?
Un Etat doit avant tout être un territoire fondé sur un pouvoir réel, pas sur un culte.
La France a longtemps été chrétienne, et ce sont les inégalités et les obligations cultuelles qui l'ont poussée à s'en détacher.
Avant toute implantation d'autre religion, la France a souhaité séparer l'Eglise et l'Etat. Là est bien la preuve que la laicité dépasse les idées anticommunautaristes, et qu'elle est fondée sur autre chose que la volonté d'égalité entre les différents cultes.
Il s'agit davantage d'une poussée de réflexion suite au siècle des Lumières, d'une refonte de la croyance, d'un désir, pour les gens cloisonnés dans les trois ordres (clergé, noblesse et tiers-état) de voir tomber les barrières sociales maintenues par la toute puissance religieuse. Là est née la laicité, l'adaptation du pouvoir étatique à la volonté des citoyens, chose tout à fait légitime.
Et c'est encore dans ce même état d'esprit qu'aujourd'hui, l'Etat se refuse de porter le chapeau d'une quelconque croyance, parce que cela reviendrait à régresser, à, à nouveau, cloisonner la population.
Vue la diversité culturelle, cultuelle, ethnique et j'en passe, il serait impossible à la France de garder une stabilité étatique sur le fondement de la chrétienté.
Alors oui, aujourd'hui laicité est synonyme de liberté, de pluralité.
Certes on pourrait voir une atteinte à la liberté de culte, mais l'Etat, en se détachant de la religion, a-t-il pour autant interdit à sa population d'y croire? La réponse est non, comme je l'ai dit précedemment, Napoléon a tenté de le faire, cela a échoué, n'est-ce donc pas la preuve que la volonté nationale est aux antipodes?
Chaque groupe religieux veut sa liberté de culte. Comment contenter tout le monde , comment garantir l'égalité entre chacun de ces groupes, si ce n'est en s'en détachant?
Si l'on pousse la réflexion dans le sens inverse : aujourd'hui, en France, plus du tiers se dit non croyant. En admettant que le principe de laicité disparaisse au profit de la religion.
Tout d'abord quelle religion choisir? La religion chretienne, sous prétexte que la France l'a toujours été? Ou bien la religion musulmane, parce qu'elle s'accroit et que ça serait synonyme d'adaptation?
Ensuite, comment dire au tiers des français "vous ne croyez pas en dieu, tant pis pour vous, la France est chrétienne (musulmane, ce que vous voulez), les institutions doivent être respectueuses du culte national!" ??
Dans cette hypothèse, le problème ne serait-il pas le même mais en sens inverse?
" Qu'a-t-elle apporté? "
La laicité m'a apporté une ouverture d'esprit que je n'aurais jamais eu, puisque j'aurais été enfermée dans un moule religieux. Elle a apporté au pays une certaine stabilité, qui aurait été impossible autrement puisque chaque religion aurait voulu être nationalisée (donc légiférer, donc imposer des croyances, donc de l'intolérance).
Pour conclure, la laicité suppose un détachement de l'Etat et de la religion.
Ses règles sont donc édictées par l'organe institutionnel le plus important, dont les figurants sont choisis par la population, et tout cela dans le respect de notre Constitution.